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Fondacio France organise un Festival sous la devise « (Re)construire un monde plus humain et plus juste ». L’écologie intégrale sera l’axe principal des réflexions proposées. Une écologie tissant des liens entre sciences, enjeux sociétaux, et spiritualité.

Un rapport apaisé à la Terre, à l’humain, à soi et à Dieu.
Le concept d’écologie intégrale (qui remonte aux années 1990), a été popularisé par le Pape François dans son encyclique Laudato Si’ (2015). Présent dans les milieux catholiques, avec par exemple Dominique Lang (Petit manuel d’écologie intégrale, 2015), il est aussi utilisé par certains penseurs de l’écologie politique tels que Delphine Batho (Manifeste pour une écologie intégrale, 2019) ou Dominique Bourg et Christian Arnsperger (Écologie intégrale, pour une société permacirculaire, 2017).

La nécessité d’ouvrir le champ de l’écologie est née de l’insuffisance de sa définition scientifique : « l’étude des relations des êtres vivants avec leur environnement ». En nous sortant d’une juxtaposition de problématiques (climat, biodiversité, pic pétrolier…) et en les ouvrants à d’autres approches, l’écologie intégrale recentre les enjeux sur la racine du problème plutôt que sur ses symptômes.

La révolution mentale que nous devons accomplir est d’embrasser l’ensemble du vivant comme étant partie de nous-mêmes.” (Manifeste pour une écologie intégrale, Delphine Batho)

La récente crise des gilets jaunes, provoquée par une hausse de la taxe carbone, nous a bien montré que nous ne pouvions pas dissocier « fin du monde et fin du mois ». A l’échelle du monde, ce sont les populations les plus pauvres et les moins responsables du dérèglement climatique qui en subissent les premières conséquences.

Une décharge au Ghana, destination finale de nos déchets et pollutions occidentales
Une décharge au Ghana, destination finale de nos déchets et pollutions occidentales

Par ailleurs, notre vision utilitariste du vivant, notre soif de consommation matérielle, sont les symptômes d’une crise spirituelle profonde de l’Occident. Au contraire, la spiritualité pourrait être le point d’appui de notre espérance pour construire un monde meilleur. Il devient indispensable de mêler enjeux sociaux, enjeux spirituels (que l’on soit chrétien ou d’une autre spiritualité) et enjeux environnementaux. L’ambition de l’écologie intégrale est bien de proposer une approche intégrant l’ensemble de ces sujets, étudiant les liens entre les crises, et cherchant à repenser en profondeur notre manière d’être avec la Terre.

“Tout est lié. Il faut donc une préoccupation pour l’environnement unie à un amour sincère envers les êtres humains, et à un engagement constant pour les problèmes de la société.” (Laudato Si’, 91, Pape François)

 L’écologie intégrale s’est bien sûr inspirée d’approches antérieures, qui avaient déjà adopté une analyse systémique de la crise environnementale. Pour en citer quelques-unes :

  • l’écologie holistique,
  • la permaculture,
  • la théorie du care,
  • la collapsologie,
  • l’écoféminisme,
  • la théorie Gaïa…

Chacune avec leur sensibilité, leurs racines culturelles et leur complémentarité contribuent à ce terreau fertile et vivant sur lequel nous nous appuyons pour penser l’écologie à Fondacio.

Une écologie dans l’ADN de Fondacio

Le positionnement de Fondacio pour une écologie intégrale n’est pas une rupture dans son histoire, mais s’inscrit directement dans son ADN : être soi (donner un sens à sa vie), être avec (mieux vivre ensemble), être pour (s’engager dans le monde). En offrant une réflexion sur la spiritualité, en se préoccupant des relations entre les vivants, et en voulant construire un monde soutenable, Fondacio s’enrichit de l’écologie intégrale, et lui apporte sa pierre.

« Agir par peur, colère ou reproche nous consume. C’est là que la spiritualité intervient – sortir d’un accord tacite, mais se positionner dans une éclatante et farouche compassion! » (le Mouvement Extinction Rebellion sur Facebook, le 27 janvier 2020)

« (Re)construire un monde plus humain et plus juste » doit être compris à partir de cet ADN. En particulier, « plus humain » ne doit pas être vu comme un anthropocentrisme, peu cohérent avec une écologie intégrale qui renoue le lien entre l’humanité et l’ensemble du vivant. Il s’agit plutôt d’une reconnexion avec nos forces, nos faiblesses, nos limites, en tant qu’espèce humaine faisant parti du vivant, en opposition à une vision prométhéenne et/ou mercantiliste de l’être humain.

Fondacio développe ainsi sa volonté d’œuvrer à un monde qui permettrait à chacun de s’épanouir, dans le respect du vivant présent ou futur. L’écologie intégrale, unifiant l’approche scientifique, sociale et spirituelle, nous donne l’opportunité de réfléchir à la racine du problème, et d’en sortir grandi individuellement et collectivement.

Bien entendu, conservation de la planète ne doit pas se comprendre comme conservatisme sans discernement. L’écologie intégrale n’est pas une remise en cause des acquis sociaux, elle s’appuie d’ailleurs sur bon nombre de réflexions qui ont permis leur conquête. Elle est une invitation à plus d’humilité et de compassion, et nous rappelle que le vivant n’est pas seulement là pour nous servir.       

Travailler avec le vivant, plutôt que contre lui : les ponts-racine, au nord-est de l’Inde
Travailler avec le vivant, plutôt que contre lui : les ponts-racine, au nord-est de l’Inde

« Il ne s’agit pas de ‘renoncer à’, il s’agit d’apprendre à aimer autre chose et de se tourner vers d’autres désirs, d’autres sources de plaisir et de découverte. » (Julien Dossier, à France Info le 26 janvier 2020)

Quelques références pour aller plus loin :

  • Bourg Dominique (2018). Une nouvelle terre. Paris (France) ed. Desclée de Brouwer.

  • Baker Carolyn (2015). L’effondrement – petit guide de résilience en temps de crise. Montréal (Québec): Editions Ecosociété.

Article de Baptiste JORANT, co-responsable de la cohérence écologique du Festival Fondacio 2020, Février 2020

Crédits photos :

Photo Ghana : « Ghanesen arbeiten in Agbogbloshie, einer Vorstadt von Accra, Ghana », Marlenenapoli (CC0 1.0)

Photo Inde : « Double
living root bridge in East Khasi », par Arshiya Urveeja Bose (CC BY 2.0)

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